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Conclure avec une carte sensorielle

  • 9 avr. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 avr. 2025



Lieu de la dernière expérience
Lieu de la dernière expérience

Ce que nous voulions transmettre à la classe

Pour clore notre sortie, nous avons invité la classe à s’interroger sur la manière dont les ambiances urbaines influencent notre perception des lieux de pause. Individuellement, les étudiants et étudiantes ont été amené·es à cartographier les espaces en mobilisant leurs ressentis sensoriels : sons, odeurs, textures, chaleur, niveau de confort ou encore sentiment de sécurité. L’idée ici était d’offrir un moyen de rendre visible les impressions de chacun sur les espaces qui nous entourent.


Cette approche intègre les émotions et perceptions individuelles des usagers, ce qui nous permet de traduire des ressentis subjectifs en une lecture visuelle du territoire. C'est ce que nous avons expérimenté ici avec nos ressentis de bien-être ou de malaise dans les différents lieux de pause.

Les cartes produites par la classe ont mis en évidence des espaces particulièrement accueillants souvent végétalisés et calmes mais aussi des zones jugées peu propices à la pause du fait de nuisances sonores, d’un mobilier absent ou d’une ambiance perçue comme hostile. Cette expérimentation soulève des questionnements essentiels : comment traduire ces perceptions pour qu’elles soient exploitables pour l’aménagement urbain ? Peut-on accorder une place légitime aux ressentis dans la conception des espaces publics ? Ces interrogations invitent à repenser le rôle des usagers et de leurs expériences sensibles dans la fabrique du paysage.


Voici quelques exemples de cartes sensorielles réalisées par la classe :




Certains éléments reviennent sur la majorité des cartes ; les portions de notre trajet où il y avait des voitures sont presque toujours colorées en roue. Le passage des voiture, le bruit qu'elles font, leur vitesse, sont considérés comme des nuisances et empêchent perceptions positives de l'espace.


Un deuxième aspect important, celui de l'inclusion. Selon les espaces, les personnes (et leur vécu personnel) se sentent plus ou moins "à leur place" dans un espace. On peut alors se demander si on peut parler de droit à la ville ?

Selon Henri Lefebvre, le droit à la ville est un « droit à la vie urbaine, à la centralité rénovée, aux lieux de rencontres et d’échanges, aux rythmes de vie et emplois du temps permettant l’usage plein et entier de ces moments et lieux ».

Ce qu’il appelle le "droit à la ville", ce n’est pas seulement le droit de circuler ou d’habiter la ville, mais le droit d’y exister pleinement, d’en faire l’expérience sensible, de s’y attarder, de s’y rencontrer, de l’habiter au quotidien dans toutes ses dimensions. C’est précisément ce que permettent les espaces de pause.

Notre réflexion révèle donc une certaine tension : tous les lieux ne permettent pas cela, et tous les usagers n’y ont pas accès de manière équitable. Certaines pauses sont invisibles car ils sont non aménagés ou encore tolérés mais non reconnues ; d’autres sont officiellement conçues, mais peu appropriées car inconfortables, mal situées, ou excluantes (mobiliers anti-SDF, absence de végétation, bruit, etc.).


Enfin, il est important de dire que les espaces de pause deviennent un révélateur du "droit de rester" dans la ville, au-delà du droit de circuler. Ce sont des lieux où s’exerce un droit implicite d’exister dans l’espace public sans avoir à consommer ni justifier sa présence.

 
 
 

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